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Laisser faire

L'ambition que l'on pose à réussir en tout et toutes choses finit par nous épuiser, sans nous apporter grand-chose, comme un jardinier qui ratisserait des feuilles alors que le vent vient de se lever.

L'obsession que l'on se propose de ne jamais s'arrêter pour tout le temps progresser n'a pas grand sens, en réalité, comme si l'on avait oublié que la Terre ne cesse jamais de tourner, même lorsque l'on s'assied.

Les émotions que l'on se compose pour ne pas paraître faible ou morose ne servent pas à masquer que l'on passe ses journées à se demander pourquoi l'on ne sent pas heureux, en dépit de cette quête à deux.


Laisser faire - www.laurenthellot.fr

Et si la solution était de ne plus s'embarrasser ?

Les modèles que l'on suit ressemblent de plus en plus à ceux que l'on a déjà connus, en miroirs des précédents qui ont depuis disparu et n'avaient pas d'autre intérêt que d'occuper notre esprit inquiet.

Les exemples que l'on poursuit finissent par tous se mélanger, en un micmac ni bon ni mauvais, sorte d'immense vrac qui ne présente plus d'attrait, à part celui de nous montrer qui a déjà pratiqué.

Les icônes qui nous ravissent se mettent soudain à ressembler à des esquisses, en une disparition progressive qui les fait passer de référentes à poussives, succession de vaisseaux qui vont peu à peu s'échouer sur la rive.


Et si la réflexion donnait le mode d'emploi parfait ?

Le rythme sur lequel on se cale est intense et infernal, en métronome intransigeant et brutal, dirigé par un chef d'orchestre des plus banals, sans génie, sans énergie, pour une partition qui nous fait mal.

L'emploi du temps que l'on respecte ne s'applique pas à notre corps, mais à notre tête, en un agenda qui aurait omis que l'on aurait besoin de dormir parfois, en être humain qui a certes un cerveau, mais aussi des jambes et des bras.

L'organisation qui a été mise en place applique une logique qui nous dépasse, avec des ramifications dans toutes les directions, organigramme délirant qui va du sol au plafond, sans se donner les moyens de ses ambitions.


Et si notre priorité était de respirer ?


Les relations que l'on croise ne cessent de compter les points sur une ardoise, de ce que l'on a bien fait et ou l'on a échoué, en une notation permanente qui n'avait plus cours depuis que l'on était scolarisé.

Les amis que l'on se suppose passe une bonne partie de nos échanges à nous renvoyer combien il est étrange que l'on n'arrive pas à se contenter de leur servir le thé, enterré dans un canapé.

Les amours que l'on choisit ne paraissent s'intéresser qu'au fait que l'on puisse partager un lit, un loyer, un dîner, sans chercher plus loin et sentir que tout ce qui nous importe est que l'on touche notre main.


Et si nous assumions notre propre identité ?

Les rêves que l'on fait prennent une place de plus en plus grande dans la réalité, à la manière d'une voile qui couvrirait tout ce que l'on peut se proposer, pour rendre supportable ce que l'on va traverser.

Les envies que l'on ressent dépassent de plus en plus le simple moment présent, en un message pressent et urgent que notre quotidien ne correspond plus à ce qui nous tient en vie.

Les souhaits que l'on fait deviennent maintenant l'expression de tout ce que l'on voudrait, incapable de plus se satisfaire de ce qui nous ai proposé, en ersatz de ce qui ferait vraiment vibrer.

Et si l'on prenait ses désirs pour des réalités ?


Le monde dans lequel on navigue semble sur le point de chavirer, comme un bateau ivre que le capitaine aurait abandonné, pendant que nous sommes dans la cave à ramer et à écoper.

Le ciel que l'on contemple est obscurci par des nuages par milliers, en une épaisse couche qui nous empêche de regarder les étoiles et de se nourrir de leurs reflets incandescents et dorés.

Le sol sur lequel on se tient ne cesse de trembler, en un redoutable avertissement que ce sur quoi nous pensions compter est tout autant capable d'exploser et de nous plonger dans une faille béante au magma surchauffé.

Et si l'on choisissait de vivre avec ce qui nous est donné ?


Autant de questions que de possibilités, pour peu que l'on assume nos sensations et que l'on cesse d'exister comme si nous étions soumis à la fatalité. Que chaque jour soit l'occasion de nous réinventer, non pas en fervent combattant qui se doit conquérir ce qui lui est montré, mais en paisible promeneur qui se laisse porter par le vent, heureux et fier d'être intensément dans le moment présent.