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Sinuer


Sinuer - www.laurenthellot.fr

La route est toute droite, de toute beauté et sans difficulté. D’où que l’on regarde, il n’apparaît aucun obstacle qui pourrait nous arrêter. Et si on se lançait ?

Aucun obstacle ne se dresse face à nos projets. Les envies et les idées peuvent fuser sans hésiter, sans doute et sans se limiter. Et si on osait ?

Les envies nous submergent, multiples et variées. Il n’est qu’à les écouter, les saisir et se les approprier, pour donner vie à ce que l’on rêvait. Et si on créait ?

Donner vie est le plus beau cadeau que l’on peut offrir à l’Humanité, au propre comme au figuré. L’enfant que l’on va accueillir n’est pas obligatoirement le nouvel habitant de cette Terre bleutée, mais tout autant la nouveauté que l’on va y apporter. Et si on souriait ?

L’enfant que l’on porte est d’abord celui que l’on a été, ce bébé impatient de joie et de curiosité, ce petit être qui ne demander qu’à rayonner l’amour qu’on va lui donner, sans calcul, sans hésitation, par le simple bonheur d’exister. Et si on s’aimait ?

L’amour que l’on diffuse et que l’on espère sont devenus deux objets séparés, par les manques, les peurs que l’on a traversées et qui ont scindé l’unité qui nous constituait en une dichotomie déséquilibrée. Et si on se réunissait ?

Les peurs guident la plupart des gestes que l’on fait, pour éviter, compenser et appréhender ce besoin viscéral de ne plus être blessé, afin de ne pas redevenir ce sauvage animal que l’on prétend ne plus fréquenter. Et si on se reconnectait ?

L’animal qui est en nous ne demande qu’à être caressé, non pas pour se coucher et se domestiquer, mais pour se nourrir d’une autre nature que celle qui le laisse submergé par les émotions et les instincts incontrôlés. Et si on s’apaisait ?

La Nature n’a pas pour objectif de nous annihiler, dans un combat où le monstre serait l’homme civilisé, mais au contraire de nous apprivoiser pour nous faire découvrir toutes les richesses qu’elle offre de partager. Et si on explorait ?

L’homme civilisé se croit le summum de la perfection incarnée, créature qui n’aurait pas d’équivalent dans l’Univers entier, lui octroyant le statut de dieu régnant, alors qu’il est incapable de se comprendre pourquoi il ne cesse de rêver. Et si on se calmait ?

L’Univers ne cesse d’émouvoir par son immensité, trames de vie et de mort qui inventent, déploient, détruisent des civilisations aussitôt inventées, dans un mouvement de recréation perpétuelle où tous les brouillons sont parfaits. Et si on s’extasiait ?

Les civilisations que l’on imagine éternelles ne brillent que le temps d’une étincelle, à la manière d’un lever de soleil, où l’on sait que le fait qu’il monte dans les cieux est déjà le signal de la fin annoncée. Et si on relativisait ?

Le soleil n’est que ce que l’on va lui prêter, le pouvoir de création ou de destruction, dans un rythme de balancier, en démiurge qui diffuse sa puissance, à charge pour chacun d’en faire ce qu’il a décidé. Et si on se respectait ?

Un démiurge n’impose le respect qu’à la hauteur de ce qu’il va partager, de joie ou de malheur dans la distribution de ce qu’il engendre, la superstition ou l’invention, en toute liberté. Et si on s’équilibrait ?

Le malheur n’est pas inhérent au fait d’exister, pas plus que les éclairs ne jaillissent pour nous foudroyer. La destinée n’est pas la fatalité, pour peu que l’on se rappelle combien chaque seconde nous est comptée. Et si on se chérissait ?

La destinée ne forge pas les armes et les armures que l’on doit porter ; elle ne fait que nous proposer des choix que l’on peut embrasser, en toute conscience ou en toute légèreté, charge à nous ensuite de les assumer. Et si on s’écoutait ?

Les choix qui sont les nôtres ne nous appartiennent pourtant pas souvent, au vu de la manière dont on les considère comme insignifiants, alors que chacune de nos décisions nous propulse dans une direction. Et si on anticipait ?

Nos décisions n’emportent pas que des obligations. Elles sont le creuset de possibles que nous n’avons même pas encore considérés à la hauteur de nos ambitions, comme si nous restions des marionnettes faillibles sans interactions. Et si on se valorisait ?

Nos ambitions ne reflètent que rarement toute la puissance de nos talents, trop souvent dévoyées par un argent qui nous ronge au-dedans, sans nous laisser matière à réflexion et émotion, nous ligotant sans discernement. Et si on partageait ?

L’argent nous gangrène de par sa facilité à nous payer les chaînes qui vont ensuite nous emprisonner dans une cage dorée dont nous seuls avons la clé, petit oiseau de grands espaces et qui se laisse emprisonner. Et si on s’envolait ?

La clé de notre vie ne dépend que de la valeur qu’on entend lui donner, soit un blanc-seing, soit un acte notarié. Les règles que nous édictons ne font que nous priver de nos capacités à improviser et expérimenter ce que l’on rêvait. Et si on se réveillait ?

Les règles que nous définissons ne sont pas les contrats qui doivent tout régenter, à l’inverse de chaque jour qui ne cesse de se réinventer et nous montre qu’il n’y a pas de limite à la beauté autour, pour peu qu’on s’émerveille avec simplicité. Et si on se posait ?

Chaque jour nous donne la chance de tout recommencer, nos existences, nos rencontres, notre présent, notre futur, notre passé, en décalant naturellement le regard pour faire ce pas de côté qui nous autorise de danser. Et si on improvisait ?

Notre présent n’a rien d’une évidence préformatée, page blanche sur laquelle nous pouvons écrire tout ce qui nous sied, que ce soit le vide ou un paragraphe entier, du moment qu’il reflète notre personnalité. Et si on se découvrait ?

Le vide n’existe que pour y faire jaillir la vérité, de la naissance, de la mort, de notre réalité, en toute liberté, pour que chacun puisse faire éclore ce que lui seul pourra inventer, de beau, de nouveau, dans l’universalité.

Et si on ne suivait pas cette route toute tracée, pour se permettre de sinuer ?